La vie bouleversante de Roger, Nicolas B., 4e2
La vie bouleversante de Roger
Monsieur Raymond Blanc était le jardinier le plus connu et le plus compétent de Berg, sa ville natale. C’était un homme gentil, calme et posé. Il avait un faible pour la littérature et la marche à pied qu’il pratiquait trois fois par semaine avec son ami d’enfance, Gérard. Raymond était un homme sans problème. Il était amoureux de la même femme depuis des années et était très heureux à ses côtés. Il menait une vie paisible et tranquille. Il était heureux, tout simplement.
Un jour, ce bonheur se brisa. Sa femme Mireille décéda d'une crise cardiaque. Depuis ce jour, Raymond, bouleversé, ne voyait plus personne : il avait perdu l’être à qui il tenait le plus et se sentait seul au monde. Il ne supportait la compagnie de personne.
Il vivait seul dans sa gigantesque maison. Chez Raymond tout était propre : des sols au plafond tout était brillant, avec des tableaux d’une infinie beauté et d’une grande valeur, des meubles en noyer, un canapé en cuir avec et un luxueux aquarium rempli de poissons tropicaux. Pour accéder à l’étage, il fallait monter une trentaine de marches dont on ne voyait plus la fin. Un grand couloir menait par ailleurs à plusieurs pièces dont la chambre de Raymond. Celle-ci était sombre malgré son immense fenêtre. La femme de Raymond n’aimait pas cette pièce qu’elle trouvait lugubre et le couple n’y dormait d’ailleurs pas. Mireille était mal à l’aise dans cette pièce et préférait dormir dans la seconde chambre. Mais depuis sa mort Raymond avait quitté la chambre qui lui rappela sa femme et s’accommodait de l’obscurité de sa nouvelle chambre qui était en accord avec son état d’esprit.
Un soir, alors que Raymond pleurait sa femme il entendit un bruit sourd. Il sursauta. Il prit la carabine qui était cachée dans le placard et partit inspecter l’appartement. Il avançait à tâtons dans son appartement un peu tremblotant. Il était dans l’entrée quand il entendit de nouveau un grand bruit qui venait du salon. Il remonta les escaliers sans faire de bruit : celui qui avait pénétré chez lui par effraction allait passer un mauvais quart d’heure ! Quand il arriva dans sa chambre il inspecta toute la pièce mais ne trouva personne et aucune fenêtre n’était ouverte. Il appela immédiatement la police : il avait entendu parler d’un gang de cambrioleurs qui sévissait dans le quartier depuis plusieurs semaines.
L’enquête policière ne donna rien.
La nuit suivante Raymond entendit de nouveau un bruit sourd et angoissant. On aurait dit que quelqu’un était tombé lourdement sur le parquet. Raymond recommença sa ronde de nuit mais encore une fois il ne trouva rien. Personne n’était rentré chez lui.
Les bruits se répétèrent chaque nuit pendant des mois. Raymond pensa qu’une colonie de rongeurs avait dû s’installer chez lui. Il fit venir un dératiseur mais les professionnels ne trouvèrent aucune trace de quelconque animal.
Le bruit continuait et se faisait de plus en plus fort. C’était comme un grattement aigu qui raisonnait dans toute la maison. Raymond était abasourdi et terriblement angoissé. Pendant plusieurs semaines Raymond subit ces affreux bruits. Après toutes les recherches qu’il a faites il a commencé à penser que ce bruit n’existait pas. Il se demanda d’abord s’il n’était pas devenu fou, si la mort de sa femme n’était pas la cause de ces troubles inquiétants. Il finit par penser qu’un être invisible avait élu domicile chez lui. Il n’avait jamais cru aux fantômes ou aux esprits mais à force d’entendre ces affreux bruits il devint de moins en moins pragmatique. Il commença à se poser beaucoup de questions sur les phénomènes surnaturels et fit de nombreuses recherches. Au bout de quelques semaines il fut absolument convaincu que quelque chose hantait sa maison.
Dans un accès de courage, il décida d’en avoir le cœur net et de tenter un piège à cette chose. Il eut de nombreuses idées : banaliser cette pièce, la rénover du sol au plafond, y mettre le feu ou encore capturer cette créature. Cette dernière idée lui semblait la meilleure mais comment capturer une créature qu’il n’avait jamais vue, dont il ne connaissait pas la nature et dont l’existence restait incertaine ? Il pensa que pour capturer cette chose il fallait qu’il rentre dans cette pièce avec son balai puis qu’il se cache mais pour cela il ne faut pas qu’il fasse de bruit et surtout il fallait qu’il y aille en avance afin de ne pas laisser d’indice qui pourrait être suspect.
Un soir, Monsieur Blanc fut enfin prêt : il était préparé psychologiquement et son plan était au point. Il monte avec son balai rempli de poussière, marche dans son long couloir rentre sur la pointe des pieds, et se cache derrière l’armoire. Malheureusement pour l’homme la chose ne s’est pas manifestée. A ne croire que le “truc“ a su ce qu’avait prévu Raymond ! Il se dit alors que cette chose était intelligente et qu’elle lui voulait du mal pour une raison qui lui échappait. Pourquoi lui ? Qu’avait-il fait pour mériter ça ? Monsieur Blanc était extrêmement déçu par cette défaite. Il était désespéré : allait-il réussir à se débarrasser de ce monstre qui lui gâchait la vie depuis si longtemps ?
La « chose » ne se manifesta plus pendant une semaine. Raymond crut avec bonheur que ce truc avait fini par partir définitivement. Raymond était très perturbé par tout cela. Parfois, il ne doutait plus du tout de l’existence de cette chose : il était sûr de ce qu’il avait vu, de ce qu’il avait entendu, de ce qu’il avait ressenti ! Des sentiments pareils ne s’inventent pas ! Il se demandait simplement pourquoi cette créature l’avait choisi, lui. D’autres fois, il était plus lucide et se disait que tout cela était absolument impossible et qu’il serait plus sage d’aller consulter un médecin. Il décida ainsi de se rendre chez un psychologue.
Un mois plus tard il put enfin exprimer son angoisse et sa souffrance à son médecin :
- Avez-vous subi un choc dans les mois précédents ? demanda le médecin après avoir écouté le récit de Raymond.
- Oui j’ai perdu ma femme deux jours après nos vingt ans de mariage.
- Cela pourrait vous avoir crée de tel hallucinations.
- Non je vois réellement cette chose, j’en suis sûr. Tout est réel.
- Je vais quand même faire une analyse de votre cerveau pour vérifier si votre traumatisme n’a pas des conséquences sur votre système nerveux.
- Mais je ne suis pas fou ! cria Raymond.
- Je ne dis pas cela Monsieur. Je veux juste vérifier que tout va bien sur le plan neurologique. On verra ce que dira le résultat de l’analyse. Vous recevrez les résultats dans une semaine environ.
Raymond sortit très énervé du cabinet. Il était désespéré et ne comprenait toujours pas pourquoi tout cela lui arrivait, à lui. En rentrant chez lui, à dix neuf heures, Raymond alla dans sa chambre pour se reposer. Mais, soudain, Raymond entendit de nouveau le bruit aigu et grave qui le torturait.
Une semaine plus tard, Raymond reçut les résultats de ses examens. Il était très angoissé en ouvrant l’enveloppe. Il le fut encore plus quand il apprit qu’il était atteint de paranoïa. Raymond ne crut pas un mot de cette lettre, il était certain de voir cette créature. Il décida alors de mettre fin à ses jours et d’aller retrouver sa princesse au paradis.
Nicolas B. (4e2)