"Une maison légendaire",Léa.K ,4e1
"Une Maison légendaire"
Je m’appelle Louna et je vais vous raconter une histoire incroyable. Je ne sais pas quoi en penser tant cette histoire est invraisemblable ! Ceci est mon histoire je l’ai vécue il y a maintenant quelque années. Tout a commencé le 23 septembre 2002, j’avais dix ans.
Je fréquentais beaucoup les lieux publics : médiathèque, cybercafé, et je pouvais passer des journées entière à la bibliothèque, à lire des livres et à faire des recherche sur Internet. Mais, depuis quelques temps, je ne riais plus et ne souriais même plus moi qui étais pourtant si rayonnante avant. J’étais une enfant assez réservée c’est vrai, cela causait chez moi un réel malaise. Pourtant mes parents étaient toujours présents pour moi ; j’avais en revanche très peu d’amis. De nombreuses personnes trouvaient que je vivais dans un monde parallèle ; elles avaient peut-être raison.
Moi qui avais pour habitude de porter des vêtements très colorés, je ne m’habillais plus qu’en noir. Mais le noir est une couleur de deuil, non ? Je n’étais pourtant pas en deuil, personne n’était mort dans ma famille. Je ne souriais plus, ne mangeait pratiquement plus, mais pourquoi ? Moi-même je ne savais pas, je savais juste qu’à cette période de ma vie j’étais mal. Cela avait peut-être un lien avec mon déménagement : j’appréciais beaucoup mon village, ma maison, ma chambre. Oui ça devait être ça, j’étais en deuil car je déménageais ! J’aimais énormément ma petite vie bien rangée. J’écrivais aussi dès que j’avais du temps libre dans un petit journal. Cela était un journal intime auquel je confiais ma peine. Mais pourquoi mon déménagement me perturbait autant, je ne déménageais que quelques rues plus loin donc je ne changerais rien à mes habitudes.
J’avais été voir ma nouvelle maison dans la Rue Des Cerisiers si ma mémoire est bonne. C'était une merveille ! En apparence. Elle avait l’air beaucoup plus grande et plus belle que ma maison précédente ; mais d’après une légende locale, une fois la nuit tombée cette maison était un calvaire : tous les gens qui on quitté la maison de la Rue des Cerisiers sont apparemment devenus fous. La maison décolle soit disant tous les soirs, mais seuls ceux qui dorment dans la chambre au première étages sont victimes de cette malédiction. Je ne me préoccupai pas trop de cette légende car ça n’est toujours qu’une légende ! La plupart des légendes sont sans fondement. Puis personne n’a été vérifié.
Le jour du déménagement, j’étais anxieuse. Comme si j’avais un pressentiment, je sentais peut-être que j’allais vivre un calvaire. J’avais peur et je ne voulais absolument pas déménager. D’après mes parents c’était l’adolescence qui arrivait. Quelques jours plus tard le déménagement s’effectua comme prévu. Aucun sourire ne s’affichait sur mes lèvres comme si j’étais rongée par la peur et l’angoisse ! Je décidai donc de m’isoler et déballait mes cartons dans ma chambre au calme. Mon premier réflexe a été de prendre mon journal et d’écrire mes impressions, mes sentiments. Cela est assez bizarre : alors que certaine personne aménagent leur nouvelle maison, moi je décidai d’écrire. J’écrivis pendant une bonne heure puis je me replongeai dans l’aménagement de ma chambre. Une fois cela fini j’allai prendre ma douche pour ensuite aller me coucher. Cette première nuit dans ma nouvelle maison fut atroce : je me réveillai en pleine nuit pour ne plus me rendormir. J’eus des vertiges, tout commença à bouger autour de moi, je me sentais défaillir puis j’eus l’impression que la maison elle-même bougeait. Je me levai tant bien que mal et vit par la fenêtre une chose effroyable : la maison s’était détaché du sol de plusieurs mètres. Je criai très fort, réveillant mes parents. Je balbutiai : « la…la mai… la maison regarde ! ». Ma mère ouvrit la fenêtre inquiète mais ne remarqua rien d’étrange. Elle me calma, pensa que j’avais fait un terrible cauchemar et resta avec moi jusqu’à ce que je me rendorme. L’angoisse de dormir dans une nouvelle maison avait très certainement provoqué ces vertiges et ces hallucinations.
Le lendemain, je n’y pensais même plus. Mais je dus constater à mon grand malheur que le même phénomène étrange se répétait toutes les nuits. Je pensais devenir folle ! Avais-je perdu la raison : une maison qui décolle cela n’existe pas ! Les jours passaient et tous les soirs c’était la même angoisse. Comment ce phénomène pouvait-il se produire ? Mes parents étaient las d’être réveillés chaque nuit et finirent par ne plus venir me secourir. Ils pensaient que cela passeraient. Ils ne voyaient rien et ne ressentaient rien eux le soir. Ca y est je me suis alors dis : « je suis folle, mon imagination me joue des tours ». Je pensais donc que le phénomène s’amplifiait tous les soirs comme une malédiction. Qu’avais-je donc fait pour mériter ça ?
Dès la tombée de la nuit, j’étais terrifiée à l’idée d’aller me coucher. J’avais l’impression de me trouver dans une autre dimension, un autre monde. Il fallait à tout prix que je parte pour mettre fin à mes cauchemars. Mais à 10 ans ce n’est pas aussi simple.
Après plusieurs alertes, mes parents ont décidé de me faire suivre psychologiquement. Ils n’arrivaient plus à me comprendre, ils ont même affirmé que je devenais méchante et insolente à leur égard. Malgré plusieurs séances chez la psychologue, mes hallucinations ne s’étaient pas pour autant atténuées. J’écrivais toujours autant dans mon petit carnet, c’était mon seul refuge. Ma maison décollait-elle vraiment une fois la nuit tombée ou était-ce seulement une hallucination de ma part ? La légende était-elle donc vraie ?! Mes parents finirent par me placer à contre cœur dans une maison spécialisée.
Aujourd’hui je vis toujours dans ce centre. Je n’ai jamais voulu en sortir, j’ai bien trop peur de revivre ce cauchemar. Je vis désormais dans une petite pièce toute noire, sans fenêtre. Je suis seule toute la journée avec mon petit carnet ; parfois je les fais lire à mon psychiatre qui me regarde avec beaucoup de pitié. Les médecins sont les seules personnes que je vois et parfois je crois les voir décoller de quelques centimètres du sol mais je n’en parle à personne : je sais qu’on ne me croira pas…n’est-ce pas ?