"La bibliothèque", Ruby V., 4e2
"La bibliothèque"
Comme chaque matin, Isabella se leva à 7h, s'habilla jusqu'à 7h15, et commença à prendre son petit-déjeuner. Sa mère arriva cinq minutes après qu’Isabella avait commencé à déjeuner. Celle-ci l'embrassa tandis que l'adolescente préparait le dîner de sa mère. Cette dernière était infirmière et elle était de garde la nuit, toutes les nuits.
« Alors maman, ça s'est bien passé ta journée ? Ou plutôt, ta nuit ?
Comme d'habitude. Les deux comateux sont toujours dans le coma, et le cancéreux en dépression n’arrête pas de me demander en mariage ! expliqua Madame Novence à sa fille .
Sans répondre, la jeune fille servait à sa mère les œufs brouillés préparés à la va-vite.
Merci Bella dit la mère entre deux soupirs. »
Bella partait pour le lycée quand elle croisa Eli, sa meilleure amie. Éléonore de Tales était la fille d'un riche ingénieur en informatique. Elle était plus âgée que Bella mais elle était modeste alors qu'elle était « friquée » comme disait Isabella. C'est ce que Bella aimait chez son amie, sa modestie. Elles arrivèrent devant le lycée, se dirent au revoir et partirent en cours.
Bella avait théâtre ; elle jouait le rôle d'une aristocrate du Moyen Âge. Elle devait porter une robe rose pâle et de longs gants en soie ; elle était coiffée d'un chignon.
Après sa répétition, Bella voulait rester un peu pour réviser après les cours. Elle se dirigea vers les toilettes, le seul endroit où elle pouvait être tranquille quand elle aperçut Adam et April, les gothiques. Ils sont cousin et cousine mais ils sortent ensemble. Ils étaient en train de se droguer avec de la cocaïne. Quand April aperçut Bella elle rangea précipitamment la drogue dans un sachet plastique, prit Adam par la main et tous deux s'enfuirent en courant en jetant un bref « Salut ! » à Isabella. Celle-ci se dirigea vers le lavabo et vit qu'il restait un peu de cocaïne. Pour voir ce que ça faisait, elle en prit un peu sur son doigt et le mit à la bouche. Ça n'avait pas vraiment de goût. Elle entendit un bruit. Elle regarda par la fenêtre des toilettes et vit qu'il commençait à y avoir de l'orage.
En sortant des toilettes, Bella eut envie de lire un texte de Maupassant, son écrivain préféré quand soudain le livre se mit à trembler, à bouger dans ses mains. Elle l'ouvrit, vit des racines lui sauter au visage puis elle eut un instant de vide dans sa tête ; rien, le néant. Elle se demandait si elle était en train de délirer, si c'était les effets de la drogue mais tout avait l'air si vrai !
Soudain, elle se réveilla dans la bibliothèque du lycée. Elle se rendit compte qu'elle s'était endormie. Bizarrement l'emplacement des meubles était inversé, comme si elle était dans un autre monde. Elle sortit de la bibliothèque mais il n'y avait personne. Elle regarda sa montre : il était presque onze heures. Elle avait juste le temps d'aller en français. Bella se précipita dans les couloirs et ce n'est qu'après être arrivée devant la porte de la salle de français qu'elle remarqua qu'il n'y avait personne dans les couloirs non plus et qu'elle n'avait pas entendu la cloche sonner. Isabella toqua et entra dans la salle de cours. Personne.
L'adolescente sortit du lycée, dans la rue. Soudain, elle aperçut quelqu'un. Elle reconnut Mme Léonard, son professeur de français. Elle se mit à courir et à crier :
« Madame Léonard! Oh eh! Madame Léonard!
La femme se retourna d'un air étonné :
Qui a-t-il mademoiselle?
Bella s’arrêta net.
Madame? dit-elle, vous ne me reconnaissez pas?
Non, répondit son interlocutrice. »
Le professeur de français, agacé s'en alla sans se retourner. Sans comprendre, Bella se dirigea vers le skate-park. Elle ne recroisa personne. Isabella Novence, la fille qui n'a peur de rien ni de personne fut prise d'une peur qui devint vite de l'angoisse. Son cœur battait la chamade, elle sentait et entendait son pouls dans ses oreilles.
Elle ne comprenait pas ce qui se passait. Comment était-elle arrivée dans cette étrange copie de sa vie ? Comment pourrait-elle en sortir ? Soudain, une voix résonna dans sa tête. C’était celle d’Éléonore, sa meilleure amie. Elle lui disait : « tu sortiras par là où tu es entrée ». Soudain, elle s'est souvenue de tout ce qui s’était passé : après le cours de théâtre, elle était allée dans la bibliothèque et « des racines sont sortis du livre » souffla-t-elle.
L'espoir retrouvé, elle se dirigea vers le lycée. En marchant dans les couloirs, elle eut de nouveau peur mais elle savait ce qu'elle devait faire. Arrivée à la bibliothèque, elle reprit le livre, l'ouvrit et soudain le néant. Elle se vit au milieu du vide et, elle ne vit plus rien du tout. Puis peu à peu, des bruits lui parvinrent.
Elle se réveilla, regarda sa montre : il était presque onze heures.
Ruby V.